00:00:00 / 00:00:00
C'est très simple...
Il suffit de poser votre candidature ici.
Vous pouvez soutenir le projet Koregos de plusieurs façons. Cliquez ici pour tout savoir.


Fernand Khnopff. Le maître de l'énigme
Actualités

21 Décembre 2018

Fernand Khnopff, L'Art ou Des Caresses, 1896, Huile sur toile, 50,5x150cm, Bruxelles, Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique
Photo J. Geleyns Art PhotographyFermer
Artiste rare, le maître du Symbolisme belge n’a pas bénéficié de rétrospective à Paris depuis près de quarante ans. L’exposition empruntant dans de nombreux musées mais aussi auprès de nombreuses collections privées, rassemble près de 150 pièces. Elle offre un panorama emblématique de l’esthétique singulière de Fernand Khnopff, à la fois peintre, dessinateur, graveur, sculpteur et metteur en scène de son œuvre. L’exposition évoque par sa scénographie le parcours initiatique de sa fausse demeure qui lui servait d’atelier et aborde les grands thèmes qui parcourent son œuvre, des paysages aux portraits d’enfants, des rêveries inspirés des Primitifs flamands aux souvenirs de Bruges-la-Morte, des usages complexes de la photographie jusqu’aux mythologies personnelles placées sous le signe d’Hypnos.

À la fois point de départ et fil rouge de l’exposition, la maison-atelier de Khnopff est un véritable « temple du Moi » au sein duquel s’exprime pleinement sa personnalité complexe. À travers une scénographie qui reprend les couleurs de son intérieur – bleu, noir, blanc et or, le parcours évoque les obsessions et les figures chères à l’artiste : du portrait aux souvenirs oniriques, du fantasme au nu. Après une salle introductive recréant le vestibule de son atelier et évoquant la demeure même de l’artiste, le parcours débute avec la représentation de peintures de paysages représentant Fosset, petit hameau des Ardennes belges où Fernand Khnopff passe plusieurs étés avec sa famille. De ces paysages de petit format, saisis sur le vif, on perçoit tout de suite chez l’artiste un goût pour l’introspection et la solitude.

Une autre facette de son œuvre, plus connue du grand public, est son travail de portraitiste. Khnopff représente des proches comme sa mère, des enfants qu’il dépeint avec le sérieux d’adultes, parfois des hommes. Mais il affectionne surtout les figures féminines, toutes en intériorité et nimbées de mystère. Sa sœur Marguerite avec qui il noue une secrète complicité devient son modèle et sa muse. Marguerite est également le sujet de nombreux portraits photographiques. Khnopff développe pour ce médium beaucoup d’intérêt. L’artiste utilise ce procédé moderne au service de son art afin d’étudier la pose et la gestuelle de son modèle favori qu’il déguise en princesse de légende ou en divine orientale. Il fait également photographier un certain nombre de ses œuvres par un photographe de renom Albert-Edouard Drains dit Alexandre et retravaille les tirages avec des rehauts de crayon, d’aquarelle ou de pastel.

Comme d’autres peintre symbolistes, l’artiste est fasciné par les mythes antiques. Parmi ses obsessions, la figure d’Hypnos, le dieu du Sommeil apparaît de manière récurrente. La petite tête à l’aile teintée en bleu, couleur du rêve, est représentée la première fois en 1891 dans le tableau I Lock My Door Upon Myself. Hypnos est l’objet e plusieurs tableaux tout comme la Méduse ou bien encore Œdipe qui esquisse dans le tableau Des caresses un étrange dialogue avec un sphinx à corps de guépard. Khnopff consacre également différents tableaux à Bruges, ville elle aussi énigmatique, où il vécut jusqu’à l’âge de six ans. La nostalgie de ces années d’enfance mêlée à une admiration pour le primitif flamand Memling donne naissance à plusieurs tableaux. Khnopff exécute aussi des vues de Bruges qu’il associe à un portrait de femme ou à un objet symbolique renvoyant à la cité des Flandres. En fin de parcours, une série de dessins et de tableaux de nus sensuels évoquant son rapport à la féminité. Ces femmes à la chevelure rousse, vaporeuse, au regard insistant, représentées dans un halo semblent tout droit sorties d’un songe. Contrairement aux héroïnes de Klimt peintes à la même époque, elles ne paraissent aucunement en proie aux tourments de la chair. Elles ne sont que les représentations de « l’éternel féminin ».

Le propos de l’exposition s’accompagne de dispositifs de médiation inventif permettant au public de mieux comprendre l’œuvre de Khnopff ainsi que le Symbolisme européen. Quatre stèles audio-olfactives, en référence aux diffuseurs de parfum présents dans sa maison-atelier, ponctuent l’exposition et permettent de sentir un parfum et d’entendre en simultané une musique et un poème liés aux œuvres exposées. Elles recréent ainsi cette atmosphère de résonances entre les arts et les sens, chères aux symbolistes. Les visiteurs sont également invités à s’installer dans le « salon symboliste » qui propose des livres, des photographies, des animations littéraires, théâtrales et musicales mettant au jour les liens tissés entre les différents arts à cette époque.

Cette exposition est conçue en collaboration avec les Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique.

Informations pratiques

Lieu : Petit Palais
Avenue Winston Churchill, 75008 Paris
Dates : Jusqu'au 17 mars 2019
Horaires : Accessible du mardi au dimanche de 10 à 18h00, nocturne le vendredi jusqu'à 21h00
Lien : www.petitpalais.paris.fr

Galerie

Galerie
    1 image Diaporama
    FRANCAIS - ENGLISH

    Connexion


    Mot de passe oublié ?

    Recherche simple

    Recherche avancée

    Lettre d'information

    Avec le soutien de :