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Patrick Willocq. Songs of the Walés
Actualités

30 Janvier 2019

Walé Asongwaka s'envole, Copyright Patrick Willocq / Courtesy Project 2.0 / Gallery
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Songs of the Walés est le fruit de divers séjours que Patrick Willocq a menés au nord de la République démocratique du Congo, dans une Afrique où il a vécu une part de son enfance et de son adolescence.

Dans les forêts de la région équatoriale vivent les Ekondas et les Ntombas, deux sous-groupes du peuple Mongo appartenant lui-même à l’ethnie Bantou ou Pygmée, lesquels pratiquent le rituel Walés, la « mère-allaitante », célébration originale de la maternité. Sitôt qu’elle a donné vie à son premier enfant, la jeune mère est emmenée en semi-isolement chez ses parents afin de protéger le nouveau-né, fille ou garçon, héritier de tout un clan. Il lui sera interdit de se livrer aux travaux des champs, à tout exercice physique, ou même de se promener seule, tout rapport sexuel étant proscrit. Toute l’attention et les soins seront portés à l’enfant, comme à la mère, aidée des Basomis, ses servantes et gardes, son élégance et ses courbes avantageuses faisant la fierté du clan. Le respect de ces interdits et d’une condition décidés par son époux et son père lui procure de fait un statut de patriarche aux yeux du clan. La Walé se couvrira en outre le visage et le buste de poudre rouge, autant pour se protéger des maladies que des mauvais esprits ou des hommes. Au terme de cette période d’isolement pouvant atteindre parfois jusqu’à cinq années, la Walé sera amenée à offrir un spectacle codifié, l’expression par le chant et la danse de ses désirs, de ses rêves, mais aussi de son expérience de recluse, cherchant avant tout à convaincre de sa supériorité sur les autres Walés, n’hésitant pas à les discréditer : à l’issue d’une cérémonie de trois heures, la Walé sera projetée dans les airs depuis une nacelle, scellant ainsi la fin de sa réclusion, pour peu que son époux ait pu s’acquitter des coûts engendrés par le spectacle et par l’isolement de la jeune mère, la rémunération de l’entourage particulièrement.

C’est ici qu’intervient Patrick Willocq, pour fixer par l’image une tradition orale : par la traduction que lui fera un ethnomusicologue du récit de la Walé, et en accord avec celle-ci, Willocq compose un véritable tableau photographique, une retranscription visuelle de l’un des fragments les plus marquants du rite qu’elle a vécu. Après la construction par la communauté d’un véritable décor de nattes, de feuillages et de bambous, trompe-l’œil végétaux et bigarrés, chaque Walé devient l’ordonnatrice de sa photographie et, avec son entourage, les acteurs de celle-ci. Il sera question de désirs d’avions ou de bateaux, d’hommes volages et repentants, de femmes méchantes et tentatrices que l’on a rêvées suspendues aux branches : cela parlera aussi de ce Blanc qui vient les photographier au volant de sa jeep et qui aurait pu faire un bon mari. Mais cela donne surtout à voir et à pérenniser un rituel jusque-là incanté, et d’abord à celles-là même qui l’ont composé, en offrant sans jamais dérober puisque Willocq complètera « la valise » qui soldera de tout compte la dette de l’époux.

L’exposition Songs of the Walés est une immersion visuelle et sonore dans l’univers des Walés. Elle est non seulement composée de tableaux photographiques, de portraits, de wall papers, d’installation, d’images du making of, d’un film documentaire mais aussi ponctuée par des chansons des Walés.

Informations pratiques

Lieu : Musée de la Photographie
11 avenue Paul Pastur, 6032 Charleroi
Dates : Jusqu'au 12 mai 2019
Horaires : Accessible du mardi au dimanche de 10 à 18h00, fermé le lundi
Lien : www.museephoto.be

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