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Architecture - Histoire générale - Monde - Histoire de l'art André Stevens Architecture de terre et Patrimoine mondial Missions en Terres d'argile
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Reporticle : 153 Version : 1 Rédaction : 01/04/2014 Publication : 25/11/2015

PORTE IV. La nécropole thébaine de Louxor en Egypte. Ensembles mortuaires et le nouveau village de Gourna.

Avant-propos

En automne 1976, à la suite de missions réalisées la même année en Iran, en Irak et en Syrie, l’auteur participa à la mission archéologique belge de l’Assassif à Louxor. Envoyé par la Fondation Reine Elisabeth, il fut chargé de la restauration des pylônes en briques crues du tombeau de Padihorresnet et de l’aménagement du site. Ce fut pour lui l’occasion de visiter le nouveau village de Gourna, construit par Hassan Fathy à partir de 1945. Les habitations offraient alors un tel état de délabrement que l’auteur ne reconnut pas immédiatement l’œuvre du grand architecte égyptien. Ruelles barrées, constructions en partie effondrées, occupation sauvage des lieux. Après plus de 50 ans d’abandon, un projet de sauvegarde semble se dessiner, grâce à l’Unesco et le Ministère égyptien de la culture.

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    Introduction

    Vers 3200 avant notre ère, les Egyptiens édifient des constructions pour abriter les dieux et les chefs. Cette architecture utilise le pisé, les palmes et certaines plantes des marécages. Le pisé sera par la suite progressivement remplacé par la brique crue, technique peut-être importée de Mésopotamie. La pierre de taille n’apparaîtra que vers 2700, grâce à Imhotep, architecte du roi Djoser, le premier architecte dont l’histoire nous ait livré le nom. Les constructions en briques crues furent adoptées autant par les pharaons et ses nobles, que par les classes les plus pauvres (83) Palais et masures utiliseront ce matériau ; seuls les temples et les tombeaux les plus prestigieux seront construits en pierres appareillées. Les Egyptiens faisaient peu de cas de leur demeure privée qu’ils considéraient, selon l’historien Diodore de Sicile, comme une « hostellerie », vu le peu de temps qu’on y séjourne. Peu de ces constructions en terre nous sont parvenues.

    Ensembles mortuaires de l’Assassif : pylônes et appartements souterrains.

    Fig. 110 – Pylônes précédant les appartements souterrains, nécropole thébaine, Louxor.
    Photo André StevensFermer
    Fig. 110 – Pylônes précédant les appartements souterrains, nécropole thébaine, Louxor.

    Dans la vallée de l’Assassif à Louxor, subsistent les pylônes des ensembles mortuaires de l’époque saïte (vers 600), et à proximité, les greniers voûtés du temple de Ramsès II (vers 1200) et le mur d’enceinte du site de Karnak. Quasi aucune trace de villages anciens. En effet, les conditions naturelles du pays exigeaient d’épargner le plus possible de terre arable, de se mettre à l’abri de l’inondation annuelle et de rester toutefois à proximité du fleuve. Tout ceci contribua à établir de tous temps, un habitat très groupé. Ce qui fait que les villages d’aujourd’hui sont bien souvent construits sur plus de cinq millénaires d’occupation continue.

    Fig. 111 – Sépultures au pied des temples de Deir el-Bahari, vallée de l’Assassif. Dans le coin inférieur droit : le chantier de la mission archéologique belge de l’Assassif.
    Photo André StevensFermer
    Fig. 111 – Sépultures au pied des temples de Deir el-Bahari, vallée de l’Assassif. Dans le coin inférieur droit : le chantier de la mission archéologique belge de l’Assassif.

    Le site de l’Assassif à proximité du célèbre temple de la reine Hatshepsout, se présente comme une vaste plaine truffée de tombeaux et dominée par les imposants pylônes en briques crues des grandes sépultures des époques éthiopienne et saïte. De nombreuses missions archéologiques dont la mission belge de la Fondation égyptologique reine Elisabeth, se partagent les lieux complètement bouleversés par les déblais de cailloutis provenant du dégagement des sépultures souterraines, les déblais de l’une constituant parfois les remblais de la voisine. A part la route asphaltée qui permet d’accéder au pied du temple d’Hatshepsout, l’aménagement du site dans son ensemble ne relève d’aucune autorité, chacun travaillant dans son propre trou ; la mise en place des poteaux et câbles électriques, la construction des abris de gardiens, le tracé des chemins périlleux étant laissés au plus grand des hasards. Quelques pylônes, vestiges de la superstructure en briques des sépultures, subsistent après plus de 2500 ans, dans une région où les pluies sont excessivement rares, bien que la situation évolue depuis la création du barrage d’Assouan. Les tombeaux furent pour la plupart pillés au cours des temps, tandis que les superstructures offraient aux constructeurs de toute époque une carrière idéale de briques d’excellente qualité. La porte d’entrée passée, on accède après l’une ou l’autre cour, au patio et aux appartements souterrains. La superstructure donnait ainsi au niveau du sol une dimension visible des espaces occupés sous terre.

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      L’une de ces structures offre toujours l’un des rares témoignages d’un décor en niches et redans conservé sur plus de 6 m de haut. Cependant située le long de la route d’accès au temple d’Hatshepsout, elle passe totalement inaperçue aux yeux des visiteurs, faute de l’aménagement des abords.

      La mission du professeur belge Herman De Meulenaere s’est chargée, parallèlement à l’étude scientifique de la sépulture de Padihorresnet, de restaurer des parois souterraines et de remonter sur une certaine hauteur, les murs d’enceinte et de séparation des cours, afin de livrer aux responsables égyptiens un site fouillé et clôturé. La reconstruction des pylônes laisse apparaître la structure d’origine particulièrement érodée. La façade en niches et redans a été restituée en briques de récupération, en tenant compte du léger fruit propre aux pylônes, l’âme du mur étant composée d’un mélange de cailloutis et de nouvelles briques crues également utilisées pour la reconstruction des murs intérieurs.

      Gourna-la-Neuve. Hassan Fathy : un architecte révolutionnaire.

      Fig. 117 – L’ancien village de Gourna et ses « pilleurs » de tombes.
      Photo André StevensFermer
      Fig. 117 – L’ancien village de Gourna et ses « pilleurs » de tombes.

      Non loin des ensembles mortuaires, s’est établi sur la hauteur, l’ancien village de Gourna, dont les habitants tiraient l’essentiel de leurs ressources du pillage des tombes (84). Pour mettre fin à ce trafic, les autorités décidèrent de déplacer cette population et de l’installer dans un nouveau village, proche des rives du Nil (85). Sa réalisation dut confiée à l’architecte Hassan Fathy qui dès 1945, se mit à la tâche. Après une étude de la société paysanne, de ses traditions, de ses activités, de ses conditions de vie, l’architecte proposera des solutions révolutionnaires. Il réinventera l’urbanisation locale et utilisera le matériau millénaire qu’est la brique crue. Redécouvrant la voûte nubienne – le bois de charpente étant inabordable –, et les techniques de ventilation naturelle, il formera sur le chantier des paysans-maçons. Pour Fathy, l’art et l’artisanat restent étroitement liés. Les artistes : calligraphes, ébénistes, tisserands, potiers, sont invités à prendre part dans la construction de leur maison traditionnelle arabe. L’architecte n’est là que pour leur dire  oui, vos talents doivent être mis à contribution pour maintenir et enrichir une culture millénaire, dont l’architecture de terre (86).

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        Fig. 120 – Le Master Plan de la nouvelle Gourna (1948) et une rue du village avec ses espaces quasi clos. J.M. Richards, I. Serageldin, D. Rastorfer, Hassan Fathy, A Mimar Book, Londres, 1985, pp. 95 et 99.
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        Fig. 120 – Le Master Plan de la nouvelle Gourna (1948) et une rue du village avec ses espaces quasi clos.

        Ce fut pour lui une réelle épreuve, devant lutter chaque jour contre une bureaucratie sceptique et corrompue. « Comment les autorités de l’Egypte auraient-elles pu tolérer qu’on laissât les paysans bâtir eux-même leur logis, quand le projet d’industrialisation entraînait justement le développement d’une industrie du bâtiment ? », écrit Meriem Lequesne (87), qui ajoute « Pendant un demi siècle, Hassan Fathy va mobiliser ses énergies pour ouvrir à l’architecture une voie alternative et militante. Il prônera un modèle de “développement autocentréˮ, le seul à ses yeux capable de prendre en compte les besoins réels d’une majorité de la population, en terme d’habitats et d’équipements. Il sait que les modèles culturels et technologiques importés d’Occident (88), sont inopérants pour résoudre l’équation socio-économique de la pauvreté. »

        Une visite chez Hassan Fathy.

        « Le 8 février 1980, sur le coup de midi, au Caire, nous étions quatre devant la porte de Hassan Fathy – membre associé de l’Académie royale de Belgique –, né avec le siècle, décédé en 1989. Il y avait là Marthe Blanpain, Jacques Evrard et Christine Bastin, une fille du confrère qui nous a quitté il y a vingt ans, l’architecte Roger Bastin dans la maison duquel il est passé à Namur. Hassan Fathy habitait un appartement à l’étage d’un ancien palais arabe, au milieu d’un dédale de cours intérieures et de pauvres gens, nous semble-t-il, non loin de la citadelle et de l’université al-Azhar. De l’étage où nous étions reçus, on plongeait dans des salles de cours d’où parvenaient des voix de professeurs mêlées à celle d’un muezzin au sommet d’un minaret voisin. L’accueil était d’une simplicité totale, sans la moindre mondanité chez quelqu’un qui avait fréquenté les milieux les plus huppés de la ville, le palais du roi Farouk lui-même. On a même dû chercher le sucre pour le thé, car lorsque le maître partait en voyage tout le monde venait sans vergogne s’approvisionner chez lui ; car tous le considéraient comme leur “papaˮ. L’homme qui nous recevait, paraît avoir deux points d’accrochage : la musique et l’architecture avec l’urbanisme. Je ne parlerai pas de la musique que je ne connais pas, mais son architecture, pour moi, est écrite dans le livre auquel beaucoup de praticiens ont, au moins un instant, attaché un intérêt majeur : Construire avec le peuple, publié au Caire dès 1969. »

        Le chanoine Lanotte.

        Le projet de Gourna fut un échec. L’auteur s’en explique dans son livre Construire avec le peuple (89). « L’expérience de Gourna a échoué, le village n’a pas été terminé et n’est pas encore une communauté villageoise prospère. C’était un cas spécial. Nous ne reconstruisions pas un village existant avec la coopération joyeuse des villageois, mais nous construisions sur un nouveau site pour une population qui devait être transférée là, contre son gré, et quitter des maisons auxquelles elle était habituée (90). »
         

        Au centre du gros ouvrage, il est question de Gourna, un village construit près de Louxor sur une vaste nécropole pharaonique, dont l’Etat avait décidé la démolition pour libérer un champ de fouilles. Jusqu’ici, celui-ci ne profitait qu’à de misérables habitants dont une ressource inépuisable était le passé ramené clandestinement au jour. Hassan Fathy a voulu tirer un nouveau parti de l’architecture traditionnelle en terre crue pour offrir à ces gens un confort jusqu’alors inconnu d’eux. Je ne voudrais pas anticiper sur ce qui va nous être dit, mais je constate l’oubli dans lequel notre membre associé se trouve aujourd’hui. Dans une page du Monde, il y a quinze jours, on détaille l’aventure de Gourna, mais le nom de Hassan Fathy n’y figure pas » (91) D’après Meriem Lequesne, il n’est pas absurde de supposer que l’évolution de la pratique urbanistique, observée en Europe à partir des année 70, orientée vers une étude approfondie du tissu urbain existant et une appréciation de sa typologie par l’analyse de la structure de l’îlot, ait trouvé son impulsion dans le mouvement amorcé par Hassan Fathy.

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          Fig. 123 – Tours à vent dans le centre historique de Dubai aujourd’hui disparu.
          Photo André StevensFermer
          Fig. 123 – Tours à vent dans le centre historique de Dubai aujourd’hui disparu.
          Architecture et climatologie.

          « Dans l’oasis de Kharga, la température en juillet et août atteint 48°C à l’ombre, ce qui excède considérablement la zone de confort et a de graves conséquences physiologiques. Ce qui revient à dire que le refroidissement et la ventilation naturelle doivent être mis à profit dans la conception de la maison comme dans l’urbanisme. Dans la journée, l’air est plus frais dans les couches supérieures que près du sol. Dans l’architecture traditionnelle, en Egypte, en Irak, en Iran (92), dans les Emirats, en Inde et au Pakistan, ce phénomène est utilisé pour créer des courants d’air en utilisant des capteurs d’air, des malkaf. La malkaf est une cheminée élevée au-dessus de la maison, pourvue d’une large ouverture face au vent dominant, captant l’air des couches supérieures pour le pulser à l’intérieur. Dans presque toutes les agglomérations des régions chaudes et arides, les maisons sont « introverties » avec les pièces d’habitation ouvertes sur les cours intérieures. Ainsi sont assurés au mieux la protection contre les vents chauds du désert et le rafraîchissement par stockage de l’air frais qui se dépose dans la cour pendant la nuit. Il y a une différence de près de 20°C : celle-ci demeure jusqu’à une heure avancée de la journée. L’ombre est le premier moyen de se protéger de la chaleur, ce qui est démontré par la configuration traditionnelle des rues étroites, couvertes et sinueuses » (93)

          « L’œuvre de Fathy a aussi une portée universelle. Il sera notamment invité aux Etats-Unis et en France pour y éclairer ou poursuivre son œuvre. Fathy apparaît dès les années 1960 comme un des très rares « gourous » d’une quête des architectures alternatives et démocratiques dans les pays en développement. En 1983, peu avant sa mort, le Grand Prix d’architecture viendra couronner son œuvre reconnue et décrétée exemplaire » (94) . Pour Fathy comme pour Le Corbusier et bien d’autres comme les architectes des temples millénaires d’Ourouk, le beau et l’utile sont étroitement liés et l’architecture est au service du bonheur des hommes.

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            Notes

            NuméroNote
            83« Dans la ville nouvelle de Tell el-Amarna, les nobles possèdent de grandes propriétés entourées de verdure, puisque l’epace n’est pas une denrée rare. Ils recherchent en priorité la présence de la végétation, de l’eau, et la circulation de l’air. Dans le jardin se répartissent des silos, des fours, les indispensables piscines ainsi que les palmiers. Le corps de logis, desservi par une sorte de vestibule, est constitué d’une salle au plafond surélevé soutenu par des colonnes de bois autour de laquelle s’ordonnent les pièces annexes. La maison cossue est généralement pourvue d’une salle de bains et même de toilettes. Quel que soit le bâtiment, le matériau de construction est la brique d’argile séchée au soleil. » Néfertiti, les mystères d’une grande Reine, dans Historia, n°786, juin 2012, p. 34.
            84En 2006, le Conseil supérieur des antiquités a décidé de raser le village pour cause d’insalubrité, provoquant le déplacement d’un bon millier d’habitants.
            85La fabrication d’une brique crue nécessitant beaucoup d’eau, les grandes civilisations d’Orient sont toutes nées au bord des grands fleuves comme le Tigre, l’Euphrate, l’Indus ou le Nil.
            86Hassan Fathy n’est pas qu’un spécialiste de la maison de terre, une image que le public occidental lui attribua trop souvent. Hugo Houben, ingénieur belge et pionnier de l’architecture de terre, rapporte un épisode révélateur. Lors d’une rencontre organisée par de jeunes architectes belges et français, entièrement dévoués à sa cause, Hassan Fathy y manifesta agacements et mauvaises humeurs. En effet, il ne voulait pas seulement faire revivre une technique millénaire, mais cette technique lui permettait de répondre rationnellement à un problème contemporain. Ses principes architecturaux étaient élaborés en recourant à l’analyse des architectures vernaculaires du Moyen-Orient et de l’habitat traditionnel tel qu’il l’observait dans la cité arabe. Du vernaculaire on passe au nouveau vernaculaire !
            87Architecte et urbaniste français, il a publié Hassan Fathy dans la revue Urbanisme, n°300, mai-juin 1998, pp. 20-32. Ses propos sont en partie repris dans le texte.
            88En 1970, Hassan Fathy s’offusquait : « Il y a plus de beauté et de dignité dans les bidonvilles que les réfugiés ont construits autour de Gaza, que dans n’importe quelle lugubre installation faite par des organismes étrangers bénévoles ».
            89Le livre se révèle un appel en faveur de la construction coopérative, la seule possible pour les paysans désespérément pauvres du monde, un appel aussi à la renaissance des métiers de la construction. Hassan (Fathy) Construire avec le peuple, la Bibliothèque arabe, Editions Jérôme Martineau, éditeur Pierre Bernard, collection Hommes et sociétés, presses de l’Imprimerie de France, nov. 1970.
            90En hauteur, il y a moins de moustiques !
            91Extrait de la présentation de l’orateur par le chanoine André Lanotte, membre de la Classe des Beaux-Arts (aujourd’hui Classe des Arts) de l’Académie royale de Belgique, à l’occasion de la conférence de l’auteur qui fut appelé à faire l’éloge de Hassan Fathy à l’ARB le 11 janvier 2007. Bulletin de la Classe des Arts, Académie royale de Belgique, 1-6, 2007, pp. 7-8.
            92« La ville de Yezd en Iran, entourée par le désert, se trouve à proximité de montagnes dépassant 4000 m d’altitude. Vu le climat particulièrement extrême, les habitants ont toujours dû composer avec les éléments pour façonner leur milieu. L’exemple le plus original de cette adaptation se trouve dans les tours des vents. Les badgir, mot persan signifiant attrape-vents, captent les vents au-dessus des toits pour rafraîchir maisons et réservoirs d’eau. Le développement des climatiseurs a contribué à ce que ce procédé traditionnel tombe en désuétude au cours du XXe siècle. Toutefois les pollutions induites par l’emploi d’énergies fossiles amènent à regarder les tours des vents avec une attention renouvelée. » Richard (Hervé) et Tolouie (Shiva), Les Tours des vents à Yezd, dans Architecture autrement, Habiter le monde, AAM éditions, Bruxelles, 2006, pp. 29-31.
            93Fathy (Hassan) cité par l’auteur dans Hassan Fathy (1900-1989), Eloge, in le Bulletin de la Classe des Arts, 1-6, 2007, p. 22.
            94Dethier (Jean), Hommage à Hassan Fathy, dans Architectures de terre, Centre Georges Pompidou, Paris, 1986, p. 185.